La politique de classification de l'information
L'université produit, reçoit et conserve des informations de sensibilités très inégales. La plupart ont vocation à être diffusées ; une petite part exposerait l'établissement, des personnes ou le pays si elle circulait sans contrôle. La politique de classification de l'information fixe une échelle unique pour toutes les activités — formation, recherche, administration —, dit qui classe et qui en répond, et quelles règles suivent chaque niveau, de la création d'un document à sa destruction.
Elle s'applique à toute personne qui travaille à l'université ou pour elle — titulaires, contractuels, doctorants, vacataires, stagiaires, prestataires, chercheurs invités —, et aux étudiants pour les informations qu'ils manipulent dans leur formation. Elle vaut pour toute information, quelle que soit sa forme : fichier, mail, papier, conversation, échantillon.
Ce qui change¶
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Quatre niveaux renommés
Public, diffusion limitée, confidentiel, diffusion restreinte : l'échelle commune au CNRS, à Inria et à INRAE.
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Des mentions
Le niveau dit comment protéger ; la mention dit qui peut lire : université, composante, structure, groupe, projet.
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Un marquage obligatoire
Pour le confidentiel et la diffusion restreinte, sur tous les supports. Dans un mail, en première ligne du message.
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Des outils par niveau
Pour chaque niveau, les outils autorisés pour stocker et pour échanger, et Parsec pour la diffusion restreinte.
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L'IA générative encadrée
Une IA est un tiers : aucune IA grand public pour une information professionnelle, aucune IA en diffusion restreinte.
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Des niveaux qui baissent
Un niveau n'est jamais définitif : il se revoit à une échéance — publication, soutenance, notification — ou tous les cinq ans.
Les principes¶
- On classe l'information, pas son support : un contenu garde son niveau dans un fichier, un mail, sur papier ou à l'oral ;
- l'impact le plus lourd l'emporte : un document prend le niveau de sa partie la plus sensible, et des données peu sensibles peuvent le devenir ensemble, par leur volume ou leurs recoupements ;
- le besoin d'en connaître : on accède à une information parce qu'on en a besoin pour sa mission ; la discrétion professionnelle s'impose à tous, et continue après le départ de l'université ;
- une ouverture maîtrisée : l'université est un établissement public. Classer trop haut est une non-conformité au même titre que classer trop bas, et la classification ne fait obstacle ni au droit d'accès aux documents administratifs, ni à la science ouverte ;
- des mesures proportionnées, des niveaux réversibles : la sensibilité d'une information décroît en général avec le temps ;
- le producteur classe, le référentiel guide : celui qui produit l'information propose son niveau à partir du référentiel de l'université. Il peut s'en écarter, à condition de le motiver par écrit et d'en informer le RSSI ; à la baisse, il lui faut l'accord du responsable de sa structure.
Des anciens niveaux aux nouveaux¶
Les quatre niveaux en usage jusqu'ici changent de nom :
- public reste public ;
- restreint devient diffusion limitée ;
- confidentiel reste confidentiel ;
- secret devient diffusion restreinte.
Un document marqué SECRET avant la politique se traite donc comme un document en diffusion restreinte.
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L'échelle est celle des organismes de recherche : dans une unité mixte, un document confidentiel l'est pour tous les établissements. Les correspondances usuelles :
- diffusion restreinte : la mention « Diffusion Restreinte » de l'instruction interministérielle 901, C3 dans les échelles privées, TLP:RED ;
- confidentiel : C2 Confidentiel, TLP:AMBER ;
- diffusion limitée : C1 Interne, TLP:GREEN ;
- public : C0 Public, TLP:CLEAR.
Les informations classifiées de défense nationale n'entrent pas dans cette échelle : il est interdit de les créer, de les traiter ou de les stocker sur le système d'information de l'université.
Qui fait quoi¶
- le producteur de l'information, ou son responsable, propose le niveau, marque le document, tient à jour la liste des personnes autorisées en diffusion restreinte, et revoit le niveau au fil du temps ; dans un projet, le responsable du projet partage cette responsabilité ;
- le destinataire applique les règles du niveau reçu, et ne retransmet pas au-delà de la mention sans prévenir l'émetteur — sans son accord, à partir de confidentiel ;
- les directeurs de composantes, d'unités et de services mettent la politique en œuvre dans leur périmètre et désignent un nouveau responsable quand le précédent quitte ses fonctions ;
- le RSSI tient la politique et ses annexes à jour, valide les solutions de chiffrement, instruit les incidents et les dérogations ;
- le fonctionnaire de sécurité de défense (FSD) valide les niveaux en diffusion restreinte et les moyens d'échange associés ;
- le délégué à la protection des données (DPO) est consulté pour toute information qui comporte des données personnelles ;
- le responsable des archives veille à la conservation et à la destruction des documents ;
- la DSI fournit les outils qui conviennent à chaque niveau.
Les cas particuliers¶
- données personnelles : confidentiel au minimum ; diffusion restreinte pour les données sensibles — santé, opinions, orientation sexuelle, biométrie, origine ;
- données de santé de la médecine du travail et de la santé étudiante : diffusion restreinte, sous le secret médical ;
- données de recherche : un niveau fixé en cohérence avec le plan de gestion des données du projet ; leur destin normal est de devenir publiques à la publication ;
- PPST, zones à régime restrictif : leur régime propre s'applique, sous l'autorité du FSD ;
- thèses : publiques dès la soutenance, sauf embargo ou clause de confidentialité — confidentielles le temps de l'embargo ;
- examens et concours : sujets confidentiels jusqu'à la fin des épreuves, copies en diffusion limitée, grilles de correction publiques après la proclamation des résultats ;
- commande publique : pièces des candidats confidentielles jusqu'à la notification du marché ;
- secrets techniques — mots de passe, jetons, clés, certificats : diffusion restreinte. Leur place est Lockpass, le coffre-fort de secrets de l'établissement, pour l'instant en phase de test ; jamais un mail, un fichier bureautique, un ticket ou un dépôt de code.
Les documents existants¶
Pas de marquage rétroactif systématique : un document créé avant la politique se classe à sa prochaine réutilisation, à sa transmission ou à son versement aux archives. Les fonds identifiés comme sensibles font l'objet d'un plan de reprise arrêté avec le RSSI.
À l'échéance indiquée sur le marquage, ou à défaut tous les cinq ans, le responsable de l'information revoit son niveau, et l'abaisse si possible. La classification ne décide ni de la communicabilité d'un document à qui en fait la demande, ni de sa conservation : les durées sont celles des tableaux de gestion du pôle Archives.
Signaler un incident
Divulgation, perte, vol, outil inadapté, document sensible non marqué : signalez sans délai tout incident qui touche une information classifiée à votre informaticien de proximité et au RSSI : rssi@univ-tours.fr, 06 27 60 01 81.
Le non-respect de la politique expose à des sanctions disciplinaires, en particulier la communication d'une information classifiée à une personne non autorisée et l'usage délibéré d'un outil non conforme.
Au quotidien¶
- Déterminer la sensibilité de ses données ;
- marquer ses documents sensibles ;
- où stocker ses données ;
- partager ses données ;
- chiffrer ses données sensibles.
La politique précise, pour l'information, la politique de sécurité des systèmes d'information ; la charte du bon usage en rappelle les règles à tous les utilisateurs. Le texte de la politique et ses annexes — le référentiel de classification, la matrice des outils et des usages — sont publiés sur l'intranet de l'université.